TRACKZONE

17 avril 2012

LE ROI LION - Hans Zimmer & Elton John

roi lion afficheLE ROI LION reste à ce jour l'un des plus grand succès commerciaux parmi les productions Disney, notamment grâce à sa bande originale, parue avec le film à la fin de l'année 1994. En lieu et place des mélodies orchestrales de Broadway précédemment composées par Alan Menken pour LA PETITE SIRENE, LA BELLE ET LA BETE et ALADDIN, le studio commande les chansons du film à Elton John qui  en sera le compositeur tandis que Tim Rice fera office de parolier. Les mélodies simples et directes de la superstar britannique font mouche et des titres tels que "Circle Of Life" ou "Hakuna Matata" sont aujourd'hui des "classiques" de la chanson pour long-métrage d'animation. Mais l'impact auprès d'un large public n'aurait vraisemblablement pas été le même sans l'apport capital de Hans Zimmer qui, en plus de composer 65 minutes de musique pour le film, a également pris en charge les arrangements des chansons.

Pour le compositeur germanique, le film représente une occasion de joindre les deux structures principales de sa musique: d'une part, l'intégration des sonorités et rythmes de la musique du monde à des schémas purement occidentaux initiée sur UN MONDE A PART puis développée sur RAIN MAN et LA PUISSANCE DE L'ANGE et, d'autre part, la fusion entre les synthétiseurs dernier cri et l'orchestre amorcée sur FOOLS OF FORTUNE puis poursuivie sur plusieurs films tels que RADIO FLYER ou CROC BLANC, une production Disney. On notera d'ailleurs le rôle non négligeable qu'a pu avoir ce dernier métrage dans la proposition qui lui a été faite de rejoindre l'équipe du ROI LION. Bien que non crédité au générique, Hans Zimmer a en effet composé et enregistré en à peine deux semaines une musique complète censée remplacer celle de Basil Poledouris mais qui au final cohabitera avec celle de ce dernier. Sa réponse prompte et efficace à la commande du studio ajoutée à une aptitude à créer de la musique à la fois moderne, directe et novatrice a sans aucun doute peser dans la balance. Enfin, on relève l'emploi d'une grande chorale sud-africaine et d'un choeur classique.

hans zimmer photoEntouré d'une équipe de musiciens professionnels constituée notamment de Mark Mancina,  Richard Harvey, Nick-Glennie Smith et Lebo M., Hans Zimmer unifie habilement ses compositions à celles d'Elton John et amène la bande originale du ROI LION aux croisements de la pop, du symphonique, de l'électronique et de la musique du monde. Le mélange des genres s'avère extrêmement maîtrisé et sert avec intelligence les images, qu'il s'agisse des passages les plus colorés ou évoquant la beauté des grands espaces naturels ainsi que des instants les plus dramatiques au cours desquels le déploiement orchestral et choral acquiert l'espace de quelques instants une dimension quasi opératique, exemples faits de la spectaculaire ruée des gnous coûtant la vie à l'un des personnages ou de l'affrontement final entre les deux antagonistes. Tandis qu'Elton John a élaboré ses chansons autour de la thématique du cycle circulaire de la vie et caractérisé les principaux personnages tout en faisant avancer l'action, Hans Zimmer a travaillé autour de la richesse et des dangers de la savane ainsi que sur l'illustration des forces du mal. Le premier aspect déploie de beaux passages lyriques et ethniques (la flûte de pan de Richard Harvey et les percussions y font des merveilles) et met en avant les accrocheurs passages choraux sud-africains composés et improvisés. Le second génère quant à lui un orchestre et des choeurs masculins dont la furie évoque le pire des enfers. Pas de doute, le mal est là et frappe très fort, la musique n'hésitant à fleurter avec quelques dissonances pour accentuer la dramaturgie. Les hostilités se concluent lors d'un final certes peu surprenant (Hans Zimmer y reprend la chanson d'ouverture en version chorale) mais plein de panache.

roi lion cdL'imposante mécanique musicale du ROI LION est loin d'être complète sur l'album édité par Walt Disney Records. En supervisant lui-même la conception, Hans Zimmer n'a consacré que 16 minutes à sa musique sur les 65 initialement composées, voulant éviter selon ses dires dans des interviews données à l'époque que les enfants écoutent la musique de l'enfer. Les passages les plus sombres et dramatiques ont en effet été écartés, à l'exception du déferlement des gnous et du climax final évoqués plus haut. Le béophile n'aurait certainement pas refusé un nombre certain de minutes en plus à défaut d'une intégrale mais a néanmoins trouvé une petite consolation sur l'édition française du cd qui une piste supplémentaire de musique originale, amenant sa représentation totale à 20 minutes. Mais bien que privilégiant les morceaux d'Elton John (qui en interprète 3 dans les versions pop figurant en fin de programme), l'album réussit à synthétiser tous les aspects de la musique et s'avère à ce titre plutôt bien pensé. Avec l'actuelle mode des éditions discographiques augmentées et intégrales, peut-être un cd accordera t-il une part plus conséquente à la musique de Hans Zimmer, l'intéréssé s'étant apparemment déclaré favorable à cette hypothèse.

Raphaël TCHELEBI

 

 

 

 

 

Posté par Hutch à 17:53 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,


02 avril 2012

REBIRTH PROJECT - FROM WHISPERS TO PASSION

Rebirh pochetteLe projet Rebirth est né de la collaboration entre la chanteuse Constance Amelane (première vocaliste du groupe de métal symphonique Whyzdom sous le nom de scène de Telya et également comédienne diplômée du Cours Florent) et le compositeur de musiques de films Guy-Roger Duvert (LES YEUX SECS, EYEBORGS). "From Whispers To Passion " en est le premier album. Comme il a été écrit et composé par un musicien pour l'image, il n'y a donc aucune raison de se priver d'en parler dans les murs de Trackzone. Soyons clair dès le départ: si vous n'aimez pas le rock et la pop, si la musique dite électro vous rebute, passez d'ores et déjà votre chemin car il est à peu près sûr que cet album ne trouvera pas grâce auprès de vos chastes oreilles. Par contre, si la fusion entre les trois genres musicaux précités ne vous effraie pas et que vous êtes de nature curieuse, vous pourrez trouver matière à bien appréhender voire apprécier les chansons que renferme cette galette.

Les hostilités commencent avec une ouverture instrumentale ("The Fall") que l'on dirait tout droit sortie des studios Remote Control tant la rythmique et les arrangements se rapprochent de l'univers sonore de Hans Zimmer et son équipe. Fort heureusement, l'album ne peut pas être résumé à une repompe éhontée de ce style et propose très vite une empreinte personnelle avec la première chanson "Rebirth": guitare planante mais légèrement saturée, percussions légères et bien présentes, voix aérienne se déployant dans un crescendo bien structuré et maîtrisé, le projet prend son envol. On passe ensuite à un registre plus lourd et "rentre-dedans" avec "A New Life" où Constance Amelane dévoile un chant clair médium puissant et bien tenu tout au long du titre. La chanteuse fait d'ailleurs montre de modulations vocales étendues et toujours en bonne adéquation avec l'univers des morceaux. Outre un travail sur le chant, c'est aussi une prestation d'actrice que l'on peut entendre et c'est là l'un des points forts de l'album, que l'on peut autant apprécier dans la sensibilité que dégage "My" que dans le crescendo émotionnel de la chanson titre "From Whispers To Passion".

Guy-RogerAutre point clé: la musique de Guy-Roger Duvert. Ancrée dans un style pop rock électro brassant diverses influences telles que Muse, Depeche Mode ou Björk, elle n'en reste pas moins personnelle dans ses mélodies et ses arrangements et possède une indéniable patte cinématographique qui saura séduire les amateurs de musiques de films modernes et éclectiques. Ainsi, le sombre "Dark Insight" et ses guitares saturées lourdes et oppressantes n'auraient pas dépareillées dans les ambiances nocturnes stylisées et esthétiques chères à Michael Mann, et l'on entendrait bien les orchestrations amples de "From Whispers To Passion" dans un film faisant la part belle à la romance et à l'aventure. Rigoureusement arrangée, la compostion demeure toujours accessible car laissant une place de choix à une mélodie simple et directe susceptible de marquer durablement l'auditeur.

"From Whispers To Passion" est un album de qualité, moderne dans sa conception, maîtrisé dans sa construction, et l'on espère que les deux artistes à la tête du projet Rebirth auront à nouveau l'occasion de se réunir pour un second essai, voire une musique de films.

Raphaël TCHELEBI

Photo de Constance Amelane: (c) Sébastien Gilles

L'album peut être entendu en streaming légal sur Deezer. Il est disponible en téléchargement légal et cd physique sur le site Cd Baby. http://www.cdbaby.com/cd/rebirth1

 

English Version:

The Rebirth Project is the reunion of female singer Constance Amelane (first lead singer of the symphonic metal band Whyzdom under the stage name of Telya and graduated actress from the school of dramatic art Cours Florent) and film music composer Guy-Roger Duvert (LES YEUX SECS, EYEBORGS). "From Whispers To Passion" is their first album and since it is written and composed by a soundtrack musician, this is why it is reviewed on this blog. But let's be clear: if you don't like pop, rock and electronic music, you'll not appreciate this cd. Instead, if you're opened to modern music, you'll find reasons to appreciate and like it.

ConstanceThings start with an instrumental introduction ("The Fall") which could have been created in the Remote Control studios. The rythm section and the arrangements are very closed to the works of Hans Zimmer and his team of composers. Fortunately, the album cannot be summarized with this track and it reveals its personality right from the first song "Rebirth": aerial guitar and vocals, light but present percussions evolve in a well structured crescendo. The mood change with the following song "A New Life" where Constance Amelane deploys well adapted medium "in your face" vocals. All along the album, her voice is adapted to the mood of the songs. There's a rigorous work around the singing but also a solid actress performance which can be heard in the poignant "My" or in the powerful emotional crescendo of the title song "From Whispers To Passion" among others.

The album other force is the music composed by Guy-Roger Duvert. Having various influences such as Muse, Depeche Mode or Björk, it possesses its own personality in its composition and arrangements and has a truly cinematographic feel which will be appreciated by all film music lovers who like modern and eclectic soundtracks. For example, the saturated and oppressive guitars of "Dark Insight" could have been heard in a Michael Mann film while the grand orchestrations of "From Whispers To Passion" made the listener think to romance and adventure. The music has the benefit of strong arrangements and always remains accessible thanks to its simple and direct melodies which can be easily retained.

"From Whispers To Passion" is a good quality album, modern in its conception, rigorous in its construction. Let's hope that the two artists behind the Rebirth Project will reunite again for another essay or a film music.

Raphaël TCHELEBI

Constance Amelane photo: (c) Sébastien Gilles

You can hear the full album in legal streaming on Deezer. It's available in legal download and physical cd on Cd Baby.

http://www.cdbaby.com/cd/rebirth1



 

 

Posté par Hutch à 23:17 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
20 mars 2012

CLOCLO: LA MUSIQUE INTERIEURE D'ALEXANDRE DESPLAT/MUSIC FROM THE INSIDE BY ALEXANDRE DESPLAT

ClocloS'il y a bien une biographie cinématographique (un biopic, comme on dit pour faire branché) qui verrait inmanquablement le jour, ce serait bien celle consacrée à la méga-star que fut Claude François. Dans le genre, le film de Florent-Emilio Siri se situe dans une bonne moyenne en ce sens qu'il montre aussi bien les zones d'ombre et de lumière d'un artiste à la personnalité complexe. En outre, le cinéaste a soigné sa mise en scène dans les moindres détails, du casting à la photographie en passant par la reconstitution des différentes époques de la vie du chanteur.

La musique est logiquement l'un des moteurs du film et, dans le cas présent, l'un de ses atouts majeurs. Les chansons de Claude François occupent une place de premier plan mais elles n'ont pas été chosies au hasard et certaines d'entre elles ont fait l'objet d'une subtile remasterisation, Slim Pezin (musicien de studio aguerri notamment collaborateur de Bruno Coulais) se chargeant de réenregistrer les parties rythmiques afin de leur donner plus de puissance dans la bande sonore. En version orginale ou remasterisée, les titres du chanteur rythment le récit en faisant progresser l'action ou en s'insérant en contrepoint, mention particulière pour "Le lundi au soleil" employé lors d'une séquence de garden party (le chanteur ne connaîtra jamais les moments calmes décrits dans le texte).

DesplatMais qui connaît un peu (ou beaucoup) l'oeuvre de Florent-Emilio Siri sait que ce dernier aime la musique de cinéma et lui accorde une place privilégiée. On ne sera donc pas étonné de retrouver Alexandre Desplat, son compositeur attitré, à la musique originale. Devenu incontournable avec une prolifique carrière américaine (pour mémoire, on rappellera qu'il a signé les partitions des deux derniers volets de la saga HARRY POTTER), le musicien a trouvé le temps nécessaire dans son agenda surchargé pour répondre à la demande du réalisateur: mettre en exergue le côté intérieur de Claude François, l'homme derrière la star. Le processus d'écriture employé est classique: un motif mélodique flexible pour piano et cordes, tour à tour retenu, romantique, sombre ou lumineux mais toujours en fragile équilibre. Celui-ci ponctue les séquences de vie privée (la vie de famille, les histoires d'amour) en ayant pour but d'impliquer pleinement le spectateur. Les aspects sombres de la personnalité du chanteur sont quant à eux traités par des morceaux abstraits employant les tenues de notes et des textures électroniques.

acteur clocloLa musique d'Alexandre Desplat n'a rien d'original en soi mais elle fonctionne très bien avec les images et témoigne d'un véritable point de vue narratif sur Claude François, tant dans son esthétique que dans son emploi à l'image: on relèvera à ce titre l'insertion  discrète mais très audible du motif central dans l'arrangement que le compositeur a élaboré pour "My Way" lors de la séquence du concert au Royal Albert Hall. Musique originale et titre préexistant cohabitent brillamment: sous les strass et les paillettes, un artiste ressent l'émotion intense de se produire dans un haut lieu de la scène londonnienne.

L'album édité par LGM et Sony propose une suite d'environ 17 minutes de la musique originale. Elle en restitue toutes les composantes et fonctionne hors film comme un portrait classique mais juste d'une super star de la chanson française. Le reste du cd se partage entre les chansons de Claude François et quelques titres additionnels l'ayant inspiré dans l'écriture de ses chansons ("Respect" d'Otis Redding,  le surentendu "I'm Your Boogie Man" de KC & The Sunshine Band,...) ou ayant inspiré une autre super star ("My Way" de Frank Sinatra). On ne se retrouve donc pas avec une bête compilation de chansons mais avec une bande originale donnant à entendre toutes les facettes musicales du film. Un produit bien conçu et respectueux de son public!

Raphaël TCHELEBI

English Version:

cloclo 2CLOCLO is a biopic about the life of french superstar singer Claude François who was born in 1939 in Alexandria and died tragically in Paris in 1978 after being electrocuted in his shower. His songs are not well known internationally, save for one cult of the most beloved cult classic song: "My Way" sung by the great Frank Sinatra and which is in fact an adaptation of the title "Comme d'habitude". In France, Claude François is considered as an idol and has legions of fans in the country. The film, directed by the talented Florent-Emilio Siri, shows him both as the reknown artist he was and as a man who was meticulous, intelligent but also tyrannic or jealous. We see the lighter and the darker side of the man. The movie has a strong casting, beautiful photography and a solid period reconstitution.

The soundtrack logically gives a large space to Claude François's songs who are sometimes used as an original music: they help the action to evolve or create a subtle counterpoint to the pictures. Some of them have been remastered by Slim Pezin (a regular collaborator of french composer Bruno Coulais) who rerecorded the rythm section to give it more impact in the film.

desplat 2Nevertheless, Florent-Emilio Siri loves film music and he always employs an original score in his films. CLOCLO is no exception and marks his fourth collaboration with prolific composer Alexandre Desplat. The musician has written a very flexible main theme for piano and strings which plays during the privacy life of the singer and has the goal to show the man behind the artist. In the film, it creates a very welcome intimacy. As said earlier in this review, Claude François had a real somber side and here, Alexandre Desplat used abstract chords and electronic textures to illiustrate it on the screen.

The score isn't very original in his composition and dramatic function. But it works well in the picture and proves that the composer and the director knew what they wanted to do with the personality of Claude François and from a cinematic point of view. In the excellent sequence of a concert given in the prestigious Royal Albert Hall in London, score and source music live together. "My Way" (specially arranged by Alexandre Desplat) starts and as the song progresses, the main theme appears in the song arrangement to show the intense emotion of the artist who gives a concert in one of the reknown venue and city.

On the soundtrack album released by LGM and Sony Music, the original music is represented by a 17 minute suite which contains all the main elements, despite being a complete representation of Alexandre Desplat's contribution (nevertheless, I don't think there's much missing music). It works as a classic but well done intimate portrait of a great superstar. The rest of the cd is filled with Claude François's songs heard in the film and some additional titles such as the classic "My Way" by Frank Sinatra or "Respect" by Otis Redding and "I'm Your Boogie Man" by KC & The Sunshine Band, these latter songs having been a source of inspiration for Claude François to create his own repertoire. The album is not a basic song compilation but a well conceived product showing all the musical elements of the film. A sign of respect to the audience!

Raphaël TCHELEBI

Posté par Hutch à 11:25 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
19 mars 2012

MICHAEL GIACCHINO: STORIES OF ISLANDS, BALLOONS AND SPACE PLUS LOST IN CONCERT

The city of Luzern in Switzerland is one of the few european cities to have a specialized film music orchestra. It's called the 21st Century Orchestra and is conducted by Ludwig Wicki. The orchestra and its conductor have gained a strong reputation for their acclaimed performance of THE LORD OF THE RINGS trilogy scores played live to picture. In late 2011, their live recording of the LOTR symphony has been released on Howe Records, the Howard Shore label.

Michael-Giacchino-02On the 2nd and 3rd March 2012, the orchestra, joined by a large mixed choir, gave 2 representations of suites and themes of Michael Giacchino's soundtracks. The american composer attended both concerts which took place in the beautiful KKL concert hall and  started with a selection of his MEDAL OF HONOR music. Right from the beginning, the audience could hear what has been the constant of the programme: music played with high professionalism and true passion. High professionnalism because every aspect of the music benefited from a rigorous live rendition: every section of the orchestra was in place, with a special nod to the brasses and percussions, thanks to a very precise conducting. All the virtuosity and complexity of the composition and orchestration were here. The true passion comes from the generous and powerful playing of the musicians and the joy of its conductor to be on stage. When artists give all they have in their heart, the audience return the positive energy. Such was the case with strong and well deserved applauses beetween tracks.

The musical selection was the other force of these concerts. There was at least one theme or suite which represented all the genres have collaborated for: video game (MEDAL OF HONOR), action (MISSION: IMPOSSIBLE 3 plus MISSION: IMPOSSIBLE GHOST PROTOCOL  and SPEED RACER both played as encores), epic adventure (the end credits excerpts from JOHN CARTER), tv series (a suite from LOST), animated features (THE INCREDIBLES, RATATOUILLE, UP), fantastic/horror (CLOVERFIELD and LET ME IN) and science-fiction (SUPER 8, STAR TREK). The whole programme was perfectly balanced between agressive and lyrical moments, fear and joy, light and shadow, in fact, all the emotions that film music amateurs love to hear in Michael Giacchino's music. Emotion is one of the key word of his work. Giacchino isn't here to basically illustrate a picture; he always tries to express the point of view of the characters and their feelings in a particular scene. Besides the powerful playing, the emotions were vehicled by the orchestra and choir.

Ludwig WickiThe "Roar!" from CLOVERFIELD and the STAR TREK suite were the highlights of these great concerts. The former was played in its entirety (more than 12 minutes) while the latter was a perfect representation of a solid sci-fi score. (even the ehru employed for scenes with Spock was included in the ensemble). Both benefited from an in-your-face performance of the orchestra and choir. These tour de force prove that film music played live can generate a high level of energy and sensations, equal to those of rock or heavy metal. There's no drum machine, no guitar riffs (except on SPEED RACER), no vocal growls but believe it: a full orchestra augmented by a large choir can make as much noise and gives as much power as a rock or metal band.

In conclusion, it was a moment of the highest musical quality which payed tribute to one of the most promising film music composer working nowadays in Hollywood. Thanks must be given to Michael Giacchino for having assembled a strong selection of his work, and to the 21st Century Orchestra and Choir and conductor Ludwig Wicki for their brillant performance during more than 2 hours.

lostBut it is not finished: the saturday concert was followed by a LOST recital performed by a 45 piece 21st Century Orchestra also conducted by Ludwig Wicki. As for the previous programme, the 1 hour selection represented a nice balance between moving pieces for strings and piano and harsh moments for brass and percussions. During the pauses, Michael Giacchino was on stage and read some letters written by the series characters. This unsual assembly of music and lecture gave the concert its spirit of solemnity, intimacy and suspense. The reduced orchestra delivered a nice interpretation and the audience discovered the music composer is also a good narrator. At the end of the recital, an exhausted but satisfied Ludwig Wicki gave the baton to Michael Giacchino who conducted the encore, applaused by joyful musicians and audience.

Raphaël TCHELEBI

 



STORIES OF ISLANDS, BALLOONS AND SPACE SET LIST


21st Century Orchestra and Choir conducted by Ludwig Wicki

1st Part:

- MEDAL OF HONOR: Suite

- MISSION: IMPOSSIBLE 3: Humpty Dumpty Sat on a Wall/See You in the Sewer/Schifrin and Variations

- CLOVERFIELD: Roar! (End Credits) (full version)

- SUPER 8: Suite

- RATATOUILLE: Suite

Intermission

2nd Part:

- THE INCREDIBLES: The Incredits

- UP: Carl Goes Up/Escape from Muntz Mountain/Memories Can Weigh You Down/Up With End Credits

- LET ME IN: End Credits

- LOST: Suite

- JOHN CARTER: End Credits (Parts 1, 4 & 5)

- STAR TREK: Enterprising Young Men/Nero Death Experience/That New Car Smell/End Credits

Encores:

- SPEED RACER: Main Theme

- MISSION: IMPOSSIBLE GHOST PROTOCOL: Suite

 

LOST IN CONCERT SET LIST


21st Century Orchestra conducted by Ludwig Wicki

Main Theme

Hollywood and Vines

Oceanic 815

The Temple of Boom

Life and Death

The Tangled Web

Parting Words

Encore:

Life and Death (conducted by Michael Giacchino)


 

 

Posté par Hutch à 15:34 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,
23 septembre 2011

THELMA & LOUISE - HANS ZIMMER ON THE ROAD

Thelma & LouiseLa parution chez Kritzerland de la musique de Hans Zimmer pour THELMA & LOUISE relève un peu du rêve de cancre. Rappel des faits: le film de Ridley Scott sort en 1991 et récolte un succès tant public que critique. Malheureusement, l'album vendu comme bande originale propose une large sélection de chansons mais fait quasiment l'impasse sur le travail de Zimmer. Seule une très courte suite de 4 minutes ("Thunderbird") est proposée en bonus sur le cd. Et il aura donc fallu attendre 20 ans pour qu'enfin, un album intégralement consacré à la musique originale voit officiellement le jour (sachant que la partition est depuis longtemps disponible officieusement).

Un rêve pour le fan de Hans Zimmer et/ou de la musique, néanmoins grandement tempéré par le fait que le cd n'est limité qu'à 1200 copies, dont la plupart sont déjà vendues à l'heure où est écrite cette chronique. A peine sortie des limbes, la musique du compositeur germanique y sera retournée tout aussi vite! Incompréhensible de la part de l'éditeur qui savait aussi bien que tout le monde que la réputation du film et de son compositeur allait attirer les amateurs... Espérons une prochaine réédition en plus grand nombre chez un autre label (cela arrive plus souvent que l'on ne croit)!

Quoi qu'il en soit, pas question, malgré le côté limité de la galette, de bouder notre plaisir devant ce qui restera comme l'une des meilleures musiques de Hans Zimmer! Car si les chansons égrènent quelque peu les péripéties des deux héroïnes, les sentiments de ces dernières et l'action s'expriment musicalement par les morceaux originaux. Tout d'abord, par le biais d'un thème principal lancé dès le générique ("Going To Mexico") et illustrant pertinemment l'immensité des espaces américains, ici théâtre d'une fuite vers l'inconnu mais aussi, comme dans tout bon road-movie qui se respecte, d'une quête de soi. Ce morceau introduit les principaux ingrédients de la partition: la guitare de Pete Haycock, l'harmonica, la batterie et les claviers, soit une instrumentation attendue pour un road-movie moderne mais dont l'efficacité ne se dément ni face aux images, ni en écoute autonome.

Hans ZimmerEn à peine 35 minutes, Hans Zimmer est parvenu à cerner tous les aspects du film ainsi que la psychologie des personnages avec concision. Car si le thème principal colle à la peau de Thelma et Louise, on trouve également du blues ("JD" ou la deuxième moitié de "Louise's Theme"), des synthétiseurs quelque peu dissonants (le matériel lié au FBI), sans oublier LE climax musical: "Chase/You've always been crazy", entendu lors de la spectaculaire pousuite finale. Les claviers prennent une tournure quasi orchestrale, la guitare s'emballe tout en restant mélodique, les percussions sont au taquet tandis qu'un violon électrique monte en crescendo pour ne plus s'arrêter (on appelle ça un pétage de plomb super jouissif!). Ce tour de force musical, qui pose les bases de ce qui sera la structure des morceaux d'action du futur studio Media Ventures/Remote Control, précède l'ultime audition du thème ("Thelma & Louise/End Credits"), agrémenté d'une chorale gospel du plus bel effet, pour ce qui est une habile transcription d'un destin scellé pour une liberté inaltérable.

On pourrait discerter longtemps sur la musique de Hans Zimmer mais à courte musique, courte chronique. THELMA & LOUISE possède encore sa fraîcheur et sa simplicité originelles et son auteur avait parfaitement compris que les recettes les plus simples peuvent être celles qui fonctionnent le mieux avec les images. Utilisant intelligemment son passé de musicien de pop/rock, il le mettait pleinement au service du cinéma, posant ainsi une nouvelle marche vers son actuelle réputation.

 

Raphaël Tchelebi

 

Posté par Hutch à 18:35 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,


28 juillet 2011

FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA MUSIQUE DE FILMS D'UBEDA 2011: LES CONFERENCES

Le 7ème festival international de la musique de films d'Ubeda s'est déroulé du 20 au 24 juillet dernier. Etaient invités cette année les compositeurs Bruno Coulais, nommé président d'honneur de cette édition, Gabriel Yared, Philippe Sarde, Mark Isham, Christopher Lennertz, Bear McCreary, Blake Neely, Alberto Iglésias, Carles Cases, Pascal Gaigne et Oscar Araujo.

Ce casting imposant était complété par Stéphane Lerouge, concepteur et réalisateur de la collection "Ecoutez le Cinéma" pour le compte d'Emarcy/Universal Jazz France, Claudio Fuiano, "restaurateur" de bandes originales de films italiens pour le compte de divers labels italiens (GDM, Digitmovies,...) et espagnols (Quartet Records, Saimel), James Fitzpatrick, régisseur d'orchestre et patron de son propre label Tadlow Music, Mikael Carlsson, fondateur du label Moviescore Media et également compositeur et chef de choeur, et, du côté américain, Dan Goldwasser, producteur d'albums pour le label La-La Land Records.

Un beau rassemblement de personnalités peu avares en anecdotes en tout genre, d'une extrême générosité avec le public et qui ont fait de cet évènement une rencontre conviviale entre amateurs et professionnels de la musique de films.Cela suffit-il à dire que l'on a pu ressortir entièrement satisfait de ce cru 2011 du fameux festival? Pas vraiment...

Le point fort: les conférences

Les rencontres avec les compositeurs invités et les professionnels de la musique de films furent toutes enrichissantes. On y reviendra plus avant lors d'une série de "portraits musicaux" consacrés à certains compositeurs invités à cette édition. Les intervenants se sont montrés très loquaces lorsqu'il s'est agi de faire partager aux congrésistes leur passion pour la musique ou de lever un peu le voile sur les coulisses de leur métier.

Bear McCreary 2Ainsi, Bear McCreary nous a raconté comment l'orchestre recruté pour la série HUMAN TARGET s'est enrichi des musiciens les plus réputés d'Hollywood à mesure des séances d'enregistrement, informés puis convaincus par la qualité de composition. Certains instrumentistes habituellement présents aux sessions de John Williams ou Hans Zimmer ont  ainsi provisoirement fait une infidélité à ces musiciens de référence pour intégrer l'orchestre dirigé par Bear McCreary. Autre anecdote croustillante: peu sûr de lui après les séances consacrées à l'épisode pilote de la série, le jeune compositeur était persuadé de ne pas être réembauché pour le reste de la première saison mais au final, les créateurs du show l'ont rappelé pour un, deux, trois puis l'intégralité des épisodes, visiblement convaincus par son approche déployant un orchestre massif, l'un des plus importants engagé pour une série, et efficace aussi bien dans la mise en musique des scènes d'action que celle des moments plus calmes. Le changement d'équipe à la veille de la deuxième saison ne lui aura en revanche pas profité, les producteurs préférant un mélange de musique entièrement jouée au synthétiseur et de chansons préexistantes. Philosophe sur les méthodes actuellement en vogue à Hollywood, Bear McCreary a pu en quelque sorte prolonger son approche dans la série THE CAPE qu'il considère comme une évolution logique des idées mises en place dans HUMAN TARGET. C'est devant un public attentif et enchanté que le compositeur a achevé sa conférence en passant au piano et en faisant monter sur scène son épouse Raya Yarbrough, chanteuse de son état, pour un duo improvisé autour d'une des chansons de la série BATTLESTAR GALACTICA et d'un titre aux ambiances jazzy issu de l'album solo de la jeune vocaliste et au cours duquel Bear McCreary inséra une variation sur le thème original de BSG dû à Stu Philipps et Glen A. Larson.

Gabriel YaredAutres moments forts: les conférences de Gabriel Yared et Philippe Sarde (je n'ai pas assisté à celles de Bruno Coulais et Mark Isham mais l'impression des festivaliers fut très positive). Privilégiant les démonstrations au piano à de longs discours théoriques, Gabriel Yared a rappelé que son premier contact avec le film ne se faisait non pas avec l'image mais le story-board qui lui donne ses premières idées, enrichies par les échanges avec le réalisateur. Une idée, une remarque, un mot de celui-ci lui donnent régulièrement la clé pour trouver la manière d'appréhender la musique, comme ses thèmes 37.2 LE MATIN de Jean-Jacques Beineix, L'AMANT de Jean-Jacques Annaud ou LE TALENTUEUX MR RIPLEY d'Anthony Minghella, trois cinéastes essentiels de sa carrière qui lui ont permis de développer un style singulier mais reconnaissable entre tous. Revenant sur le rejet de sa partition pour le TROIE de Wolfgang Petersen pour laquelle il a travaillé un an, le compositeur a bien fait remarqué qu'il ne conserve plus aucune rancoeur envers quiconque sauf son successeur (qu'il n'a pas nommé mais dont on peut citer le nom: James Horner) qui a repris la même chorale bulgare et la même vocaliste solo tout en se permettant de critiquer vivement le travail de son confrère à l'époque (en 2003). Menacé par la Warner d'un coûteux procès suite à la publication sur son site d'une large sélection de son oeuvre (75 minutes environ), Gabriel Yared a précisé aux festivaliers que l'édition discographique de son travail n'est pas prête de voir le jour, le studio ayant apparemment décidé de reléguer cette musique aux oubliettes (on rappellera que dans le système anglo-saxon, le compositeur n'est pas le propriétaire de sa musique et qu'il conserve tout au plus un droit moral théorique sur celle-ci). Cette expérience artistique douloureuse est aujourd'hui assimilée et le musicien conserve toujours l'envie de servir au mieux le film sur lequel il collabore.

Philippe SardeDe son côté, Philippe Sarde, dont l'entretien était mené par Stéphane Lerouge, a balayé l'ensemble de sa carrière avec finesse, conviction et franchise. Trois adjectifs qui caractérisent bien le personnage, homme de tous les excès (un exemple: il veut un saxophoniste pour MORT D'UN POURRI, il fait appeler Stan Getz!), mais maître d'oeuvre de référence de la musique de films française qui se définit plus comme un scénariste musical que comme un compositeur. Commençant son oeuvre par la réalisation d'un court-métrage dont le public retiendra plus sa musique que ses images, il décide de poursuivre sa carrière cinématographique du côté des partitions garnies de noires et de blanches et rencontre Claude Sautet qui lui propose de mettre en musique LES CHOSES DE LA VIE et sera son père de cinéma (il signera la musique de tous ses films). Evoquant par la suite sa collaboration phare avec Bertrand Tavernier, il illustre la notion de scénariste musical par le biais de la séquence d'ouverture de COUP DE TORCHON où, en quelques minutes, il définit toute la dangerosité à venir du personnage incarné par Philippe Noiret. Autre cinéaste important dans sa carrière, Alain Corneau l'engage pour LE CHOIX DES ARMES, passionnante et poignante confrontation entre Yves Montand et Gérard Depardieu où le réalisateur hésite entre les contrebasses jazz de Ron Carter et Buster Williams et le symphonisme du London Symphony Orchestra. La réponse de Sarde ne se fait pas attendre: il lui propose de confronter les deux, l'orchestre accompagnant les deux contrebassistes virtuoses pour une oeuvre jazz orchestrale à la tonalité unique. Sur LE LOCATAIRE, premier jalon de son parcours avec Roman Polanski, il se trouve peu aidé par le cinéaste, également acteur,  qui parle peu de musique et c'est au cours d'un déjeuner où il le voit passer machinalement le doigt dans son verre qu'il décide que le glass harmonica sera  l'instrument pilote de sa partition, donnant dès le générique d'ouverture une indication sur le dénouement tragique de l'intrigue. Pour le film GHOST STORY qui marque son entrée à Hollywood, il demande à ce que les micros soient placés en haut de la pièce d'enregistrement d'un studio dont il juge la configuration médiocre. Jugé fou par le directeur musical de la production prêt à lui donner plusieurs millions de dollars pour qu'il quitte le projet, Philippe Sarde résiste à toutes les pressions et parvient à se faire soutenir par Universal Pictures, convaincu de ses choix techniques mais aussi et surtout esthétiques, sa partition humanisant des personnages liés par un bien lourd secret. Ces exemples de films sont le témoin d'une personnalité unique dans le paysage de la musique de films, méjugée par certains, fortement appréciée par d'autres, mais toujours intègre envers le film.

De leur côté, les patrons ou représentants de certains labels invités ont dévoilé les albums à sortir d'ici la fin de cette année. Ainsi a t-on appris que James Fitzpatrick avait réenregistré pour son propre label Tadlow Music la partition complète de LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN de Dimitri Tiomkin et allait s'atteler à la rentrée à celle de CONAN LE DESTRUCTEUR de Basil Poledouris, ce travail effectué en partenariat avec Prometheus, producteur du cd. En 2012, le gentleman producteur/régisseur d'orchestre se frottera en 2012 au titanesque QUO VADIS de Miklos Rozsa dont les contrats ont enfin été signés avec EMI Music, éditeur de la partition. Toutes ces oeuvres sont ou seront enregistrées avec le City of Prague Philharmonic Orchestra sous la direction de Nic Raine. Les festivaliers ont également eu confirmation par Dan Goldwasser des prochaines sorties du label La-La Land qui paraîtront d'ici à la fin de l'année: une édition complète du 1941 de John Williams et des albums augmentés pour FOREVER YOUNG de Jerry Goldsmith et BATMAN FOREVER d'Elliot Goldenthal. Une joie pour les fans mais un travail de titan pour le label et ses confères, ainsi que l'a prouvé la production du disque d'AIRPLANE (Y'A T-IL UN PILOTE DANS L'AVION?) mis en musique par Elmer Bernstein. Négociation des droits musicaux avec le studio, recherche des prises ayant servies pour le film à partir des sessions d'enregistrement, liaison de certains morceaux entre eux pour aboutir à une écoute plus cohérente, mixage, mastering, recherche documentaire et iconographique pour les jaquettes et les notes de livret, la production d'un album de musique de films ne se fait pas en quelques heures mais en plusieurs mois de travail, ce que des collectionneurs étriqués ont bien du mal à comprendre mais dont la démonstration lors de la conférence de La-La Land aura éclairé bon nombre de lanternes.

Riche d'informations, d'anecdotes et d'enseignements, les conférences de ce cru 2011 du festival d'Ubeda ont été rondement menées, ce qui n'a pas été le cas de toutes les manifestations de l'évènement. Alors, où se trouvent les points noirs? Suite au prochain numéro...

Raphaël Tchelebi

 

 

 

 

 

Posté par Hutch à 18:15 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,
21 juillet 2011

COMING FROM UBEDA - TADLOW NEWS

In Ubeda, James Fitzpatrick has announced the next scores he will rerecord with the City of Prague Philharmonic Orchestra conducted by Nic Raine:

- CONAN THE DESTROYER (Basil Poledouris)

- THE FALL OF THE ROMAN EMPIRE (Dimitri Tiomkin)

Scheduled for next year is the complete representation of one of the most awaited score in the film music community: QUO VADIS by the great Miklos Rosza.

Some great stuff to listen to!

 

Raphaël TCHELEBI

Posté par Hutch à 19:36 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
05 octobre 2010

THE ORGANIZATION - Gil Mellé

The_OrganisationL'ORGANISATION est le troisième film mettant en vedette Sydney Poitier dans le rôle de l'agent Virgil Tibbs après DANS LA CHALEUR DE LA NUIT et APPELEZ-MOI MONSIEUR TIBBS. Don Medford, scénariste émérite (on lui doit notamment le script du western LES CHAROGNARDS), succède à la réalisation à Norman Jewison et Gordon Douglas tandis que Gil Mellé prend la suite de Quincy Jones à la musique. Gil Mellé n'est pas un compositeur très réputé auprès des amateurs de musiques de films mais on lui doit une carrière prolifique pour le petit écran (plusieurs épisodes de COLUMBO ou de L'HOMME QUI VALAIT TROIS MILLIARDS notamment) ainsi que plusieurs longs-métrages pour le cinéma dont LE MYSTERE ANDROMEDE de Robert Wise et NEW-YORK NE REPOND PLUS de Robert Clouse. Cependant, le compositeur n'a jamais vu sa musique éditée sur support discographique à l'exception du MYSTERE ANDROMEDE précité, paru en vinyl lors de la sortie du film puis réédité en cd par le label Intrada en... 2010. Pour le reste, grâce aux bons soins d'un autre pionnier de la fixation sur galette des bandes originales du passé, le bien nommé Film Score Monthly, l'auditeur peut écouter une très bonne sélection de sa musique pour l'obscure série THEN CAME BRONSON (disponible sur le coffret TV OMNIBUS VOL 1) et, désormais, cette ORGANISATION exhumée par Intrada.

Gil_Mell_Soucieux de ne pas répéter les canons initiés par son illustre prédécesseur, Gil Mellé insuffle sa propre signature à la franchise Tibbs par le biais d'une orchestration donnant la part belle aux cuivres jazz (le thème principal met ainsi en avant un entêtant solo de saxophone) et aux rythmes soul/funk en vigueur au début des années 70. Mais le compositeur se permet également de rendre sa musique totalement abstraite par le biais de dissonances fondées sur des cordes stridentes et des percussions décalées. Bien que portant la marque de son époque, la partition n'en mélange pas moins habilement les figures du jazz, de la soul/funk, de la musique contemporaine et du répertoire orchestral en vogue à l'époque. A l'instar de son confrère Billy Goldenberg, Gil Mellé faisait parti de ces "petits" artisans de la musique pour l'image, certes discrets mais au savoir-faire indéniable et pouvant faire montre d'une réelle créativité lorsque le sujet s'y prêtait. Les studios hollywoodiens semblant plutôt coopératifs pour céder les droits de musiques plus ou moins oubliées, on ne peut que se réjuir que des labels comme Intrada les fixe sur galette. Limité à 1000 exemplaires et d'une durée ne dépassant pas 26 minutes (les bandes contenant la musique complète ont disparu et le label s'est fondé sur la seule source accessible qui s'avère être le reflet d'un master prévu pour une hypothétique édition vinyl n'ayant jamais vu le jour), l'album de L'ORGANISATION (encore disponible à l'heure où ces lignes sont écrites) bénéficie d'une prise de son mettant finement en relief toutes les strates musicales. Amateurs de musiques 70's, ce cd est fait pour vous!  Raphaël Tchelebi

English Version:

Affiche_l_organisationTHE ORGANIZATION is the third film of the Tibbs saga. Sydney Poitier came back after the famous IN THE HEAT OF THE NIGHT directed by Norman Jewison and its fist sequel THEY CALL ME MISTER TIBBS directed by Gordon Douglas. Both scores were created by the renowned Quincy Jones. But for the second sequel, Gil Mellé took over the scoring duties. The composer's works never saw the light day on vinyls or cd's, with the exception of THE ANDROMEDA STRAIN (one vinyl which was put on cd by Intrada) and a good selection of his music for the obscure tv series THEN CAME BRONSON which is featured on the recent TV OMNIBUS VOL 1 5 cd set edited by Film Score Monthly. Despite the fact his music remains unknown to many film music listeners (especially the young ones, something understable nevertheless), Gil Mellé, with his fellow composer Billy Goldenberg, was a very good artisan who knew how to serve the picture. THE ORGANIZATION represents another proof of his ability to create some fresh and groovy stuff. The composer doesn't mimic Quincy Jones: the score goes into the soul/funk territory but the orchestration contains a lot of jazz elements (the excellent sax solo heard in the main theme is a fine example) and contemporary figures mixed with the traditional orchestra. The album is short (no more than 26 minutes) and, according to Intrada who released this score in his "Special Collection" series, reflects a vinyl edition which no one ever saw. The complete session masters are lost and we don't have something long. Nevertheless, Intrada put out a solid album which is available at the time of this review is written. It represents a strong example of Gil Mellé's talent to blend various styles of music (which is the nature of film music) and for everyone who loves the 70's urban film soundtracks, his listening is a real treat! You like it, don't miss it!  Raphaël Tchelebi

Posté par Hutch à 18:33 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,
18 juillet 2010

THE VIth INTERNATIONAL FILM MUSIC CONFERENCE OF UBEDA: RECITAL AND SYMPHONIC CONCERT LIVE REPORT

On Friday, July, 16th and Saturday, July, 17th, two concerts were given at the VIth edition of the International Film Music Conference of Ubeda.

Friday, July, 16th: small ensembles but big moments

For the third year, a recital for small ensembles (mostly piano with 2 or 3 additional instruments) gave the attendants the Lisbeth_Scott_1opportunity to hear both film music and non film music compositions performed by the guest composers and some other spanish musicians. All started with, not a composer, but a singer, and what a singer: Mrs Lisbeth Scott, the film music lady. She performed 3 Alex North songs, playing herself the piano, with just the right touch of jazz, glamour and melancholy but always with a sincere feeling. Then, she was joined on the piano by Sergío de la Puente (composer of the animated feature EL LINCE PERDIDO) and gave a powerful rendition of the MUNICH theme where she gave, only in a few minutes with her vocal modulations, all the drama and tragedy of the Steven Spielberg movie. Needless to say, it's definitly one of the concert highlights.

Alex_NorthLeaving the stage, Lisbeth Scott received totally deserved strong applauses and Robert Townson came on stage to introduce the audience a surprise: this year is the 100th anniversary of Alex North's birth so, it is an occasion to make various tributes to his music. In 1946, he was commissionned to write a concerto for clarinet and orchestra for Benny Goodman. The premiere of this piece was given November, 16th of the same year with Elmer Bernstein conducting the orchestra. Of the three movements of this concerto, the first two were played in Ubeda in an arrangement for piano and clarinet. The piece is typical Alex North: complex, rich and unique in its composition and harmonies. Then came Randy Edelman beginning his set Score_McGyverat the piano with a Robert Schumann piece ("Dark Moments") followed by a selection of his film music where he showed his gifted talent as a pianist. The audience was very delighted to hear the MacGyver theme or the "Cora's Theme" from THE LAST OF THE MOHICANS performed with great energy and funny comments in beetween the tracks. Randy Edelman doesn't take himself too seriously but plays music seriously and this is why his venue in Ubeda was really appreciate. The composer and pianist is also a singer and he took the occasion to play 2 songs: one of his own ("Weekend In New England") and one by Alex North with lyrics by Sammy Cahn ("The Long Hot Summer").

Dave_Grusin_1After a 15 minute break, newcomer Jamie Christopherson played 3 pieces of his music, including one song taken from the short lived tv series THE CROW: WICKED PRAYER. It was a good start for the second part of the recital, the music being played with great delicacy. The short set was followed by the venue of a famed singer in his country: Pasion Vega, who sang "Triste Documento", a typical tango song used as the end titles of the short movie TRES RASONES. The audience acclaimed this performance which was followed by the Dave Grusin part of the recital. The master composer entered the stage and, even before he played a single note at the piano, his appearance on stage was given spectacular applauses.He started with his rendition of the SPARTACUS love theme which is included in the upcoming Varese Sarabande cd club 6 cd set edition Tootsie_albumof the classic Alex North score. The piece received the particular and experted Grusin jazz touch, a mix of spectacular piano technique and subtle improvisation. Here we have another highlight! The set continued with the instrumental version of "It Might Be You" from TOOTSIE, a classic in the Dave Grusin concerts. The composer played a Manuel de Falla composition ("Canción del Paño Moruno") which is very particular to his heart because of the crucial influence spanish and latin music in general had in his music. He was joined by a small band including guitar, bass, drums and flute, and the instrumental song had the typical but delighting latin jazz feeling, you had guessed, in fact, the typical but delighting latin Grusin jazz feeling which made the audience totally acquired to the cause of its author. "Memphis Stomp" was the last selection being played by Dave Grusin and his musicians and when he came to clap in his hands to give the band the right tempo, the audience also started to clap and the music finished the same way it started: with great talent, spectacular virtuosity and incomparable generosity from one of the last american great film music composers.

It was a very good evening, thanks to the festival organisation, and we hope to have more of these in the upcoming editions.

Saturday, July, 17th: big moments with big orchestra and choir

Michael_Giacchino_1Saturday is the usual day of the Ubeda symphonic concert with orchestra and choir. This year, the Philharmonic Orchestra of Malaga took the stage, replacing the two previous editions Orchestra Philharmonia, with the Coro Ziryab providing the choral parts, as in the last 3 years of the festival. The concert began with Michael Giacchino conducting the ensembles for a selection of his film, television and video game music performed with great energy, the best moment being the LOST suite adapted in a beautiful arrangement for orchestra and choir and giving way to some delicate violin and Chris_Lennertzwoodwinds solos. After this short but acclaimed set, Christopher Lennertz took the baton and played suites and themes from his music centered on his video game work with only 2 selections from his feature film scores. Specially notable were some moments in his GUN suite, where folk music is originally mixed with the traditional Hollywood symphonic approach, and where the first violonist performed short but beautiful solos. The director of the orchestra, Arturo Diez Boscovich, continued the long but varied first part of the concert with the main theme from his own score for the spanish film FUGA and then, conducted one of the most awaited moments of the evening and the entire festival: the SPARTACUS suite, comprised of 4 pieces. The spartacus_postercomplex orchestrations of Alex North received a totally decent treatment. Everybody knows that the performance of a score from such a high level in writing is a difficult task for any orchestra. All in all, the spanish musicians made honor to Alex North's classic soundtrack and the audience was thrilled, giving a total triumph for the conductor and the entire orchestra right after the end of the suite. The first part of the concert ended with Randy Edelman, playing some of his most epic film themes in a larger than life but truly generous manner. For different reasons than the orchestra director but because he was very well received by the audience, another triumph was given and it represented a grand finale for the first part of the concert.

The_Goonies_postersThings and mood changed for the second part for which the piano was placed in front of the stage and the orchestra joined by a rythm section (electric guitar, bass, drums). A great composer and pianist came, a beloved person for many of film music aficionados, the headliner of the concert, guess who he was, well, I´m sure you found the name: Dave Grusin. The audience heard the other most musical anticipated moment of the festival: THE GOONIES selections, in fact, the main and end titles, celebrating the movie 25th anniversary and played with dynamism with the boss both conducting the orchestra and playing some included in the score, some improvised, piano lines. This was another proof of a unique talent in american film music. It was followed by the delicate main theme and the dynamic "New Hampshire Hornpipe" from ON GOLDEN POND, with a constant applied to all the set: big generosity and virtuosity in the performance, always featuring Milagro_posterthis so particular but always fine and delicious Grusin jazz manner. Pasion Vega joined the master and orchestra for 2 songs, the classic "Tonight" from WEST SIDE STORY and the very cool "Makin' Whoopee" heard in THE FABULOUS BAKER BOYS: her vocals were very well adapted to these standards and she received, like the previous evening, many strong applauses. Dave Grusin gave new and excellent piano improvisations, what a threat to see a fusion of jazz and film music played live with such artistry! The romantic and bigger than life "Se Fue" from HAVANA was a sincere tribute to Grusin's fruitful collaboration with Sydney Pollack while the set came to an "end" with the joyful and masterfully written MILAGRO suite. All the previous elements of the Dave Grusin set were reunited for which represented the big finale of high quality music. It was a great celebration of film and jazz music under the direction of a great composer and pianist. I consider Dave Grusin to be THE winner of all the concerts: with such a level of experience and musical sincerity, I don't have anything to say.

Ubeda_festival_photoThe concert really ended with welcomed encores: Christopher Lennertz conducting "Theology/Civilization" from CONAN THE BARBARIAN and Arturo Diez Boscovich proving his talented skills as a conductor for the end titles of THE FINAL CONFLICT highlighted by a spectacular performance of the Coro Ziryab. This was a sincere tribute from the musicians and organisation to 2 great masters who are somewhere the guardian angels of the festival. For those who came to this and the previous evening, this new edition of the Ubeda festival was not to be missed. When you have great moments, with small or great ensembles, it's totally understandable!

Raphaël Tchelebi

Posté par Hutch à 15:16 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , , ,
17 juillet 2010

COMING FROM UBEDA: QUARTET RECORDS PROJECTS

quartet_records

José María Bénitez, fondateur et producteur du label Quartet Records, a annoncé, lors de la 6ème Conférence Internationale de la Musique de Films d'Ubeda, les prochains titres à paraître sous sa bannière dans les prochains mois.

José María Bénitez, creator and producer of the film music label Quartet Records, have announced, during the VIth International Film Music Conference of Ubeda, the upcoming titles he is finalizing. All these titles will be available during the course of this year.

1/ HORROR EXPRESS (John Cacavas) + THE LIVING DEAD OF MANCHESTER MORGUE (Giulano Sorgini): 2 scores on 1 cd. Same content (lp selections) as previous cd releases.

2/ IL PECCATO NOCHE DE VERANO (Antonio Pérez Olea): previously unreleased

3/ SUMMERTIME KILLER (Luis Bacalov): music from this movie was used by Quentin Tarantino for KILL BILL.

4/ LES PIANOS MECANIQUES (Georges Delerue): This release was produced with the approval of Colette Delerue, the composer's widow. Music previously unreleased.

5/ LA NOTTE (Giorgio Gaslini): complete score

6/ AMORE LIBERO (TRUE LOVE) (Fabio Frizzi, conducted by Vince Tempera): original album + alternate takes,...

7/ HARRY AND SON (Henry Mancini): previously unreleased

8/ AVANTI! (Carlo Rustichelli): previously unreleased

9/ CURSE OF THE PINK PANTHER (Henry Mancini): Henry Mancini aficionados will love this music

10/ YELLOWBEARD (John Morris): John Morris fans will be delighted. Music previously unreleased

11/ KILLING ME SOFTLY (Patrick Doyle): previously unreleased

Posté par Hutch à 16:42 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,